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31 août 2022

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Comment faire gober du carbone à une forêt sans trop se fatiguer

04 août 2022

Sous le chaud soleil de juillet, quatre stagiaires en foresterie mordent à pleines dents dans le travail de terrain. En fait, ils mordent dans le sol, à coups de pelle, pour creuser de petits trous et y planter 2000 pousses d’épinettes qui, en grandissant, compenseront des dizaines de tonnes de carbone.

« Gang ! Vous allez pouvoir amener vos blondes, vos chums et vos enfants ici, un jour, et leur dire que vous avez contribué. C’est pour ça que j’insiste autant sur la qualité. On fait ça pour que ça dure à long terme », leur crie Jean-François Lamarre, l’aménagiste de la forêt Montmorency, un vaste domaine situé à 75 km au nord de Québec.

La plantation d’arbres est de nos jours une approche ultracommune pour aspirer du carbone de l’atmosphère et, ainsi, réduire l’intensité des changements climatiques provoqués par les habitudes de l’humanité liées aux combustibles fossiles. Toutefois, l’efficacité de la plantation dépend de plusieurs facteurs encore mal compris par les scientifiques.

« On ne peut pas être contre le fait de planter des arbres, mais il faut les planter à la bonne place et de la bonne façon », soutient en entrevue Évelyne Thiffault, une professeure de l’Université Laval spécialisée dans le carbone forestier.

La forêt Montmorency — une forêt d’enseignement et de recherche gérée par l’Université Laval — est le terrain de jeu favori de Mme Thiffault. Ses étudiants aux cycles supérieurs vont justement vérifier cet été que des arbres plantés là en 2017 font bien leur boulot, question de confirmer les hypothèses faites à l’époque en matière de séquestration de carbone.

Pour y arriver, les étudiants-chercheurs vont mesurer le diamètre du tronc des arbres, évaluer leur hauteur, recenser les résidus forestiers par terre et prélever des échantillons de sol destinés à être analysés en laboratoire. La somme des différents stocks permettra ensuite de déterminer la quantité de carbone par hectare.

Les quatre apprentis, qui deviendront bientôt ingénieurs forestiers, participent quant à eux à une nouvelle phase du projet de captation du carbone sur l’ancien site du camp Talbot, un camp forestier qui était assez grand pour accueillir 50 personnes.

« Ça faisait quelques années que ce terrain était désaffecté, explique Gabriel Bolduc, l’un des stagiaires, sous son filet antimoustique. À cause du remblai et du passage des dix roues, le sol est très compact, ce n’est pas facile de creuser. En plus, le foin fait de la compétition aux pousses d’arbres, ça va probablement en tuer quelques-uns. »

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Source: Alexis Riopel, Pôle environnement, LeDevoir.com, article paru le 1er août