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La forêt Montmorency souligne ses 50 ans avec une exposition sur le peintre René Richard

12 juin 2015

Connu pour son amour des grands espaces, René Richard (1895-1982) vouait une passion manifeste pour la forêt Montmorency, qu'il a foulée plusieurs fois. Avec son décor enchanteur, cette forêt expérimentale, qui appartient à l'Université depuis 1964, lui offrait un cadre de travail idéal. Inspiré, il a réalisé là-bas un nombre incalculable de peintures, de dessins et de croquis. «René Richard était un homme qui aimait le côté sauvage de la nature. Non seulement il l'a prouvé par son oeuvre, mais il a passé sa vie à le dire. Ce qui lui plaisait de la forêt Montmorency, c'était qu'elle lui permettait de peindre en toute liberté», raconte Jean des Gagnés, professeur retraité en histoire de l'art qui signe les textes de l'exposition. Depuis le 10 juin, les visiteurs peuvent découvrir la vie de l'artiste grâce à un parcours déambulatoire dans le pavillon central de la forêt Montmorency.

René Richard a fait l'objet de moult écrits, où se mêlent parfois la réalité et la fiction – il a notamment inspiré le personnage du roman La montagne secrète de Gabrielle Roy. Fils d'immigrants suisses venus s'installer en Alberta, il a d'abord été trappeur, parcourant le Manitoba, la Saskatchewan et les Territoires du Nord-Ouest. En 1927, il a décidé d'aller étudier la peinture à Paris sous l'égide de l'artiste québécois Clarence Gagnon. Ce dernier, grand amoureux de Charlevoix, l'a convaincu de s'établir à Baie-Saint-Paul. Très près de l'univers des ingénieurs forestiers, René Richard a fait la rencontre d'Edgar Porter, doyen de la Faculté de foresterie et de géodésie et cofondateur de la forêt Montmorency. Une profonde amitié est née entre les deux hommes, ce qui explique pourquoi, vers la fin de sa vie, l'artiste a légué une partie de ses oeuvres aux collections de l'Université Laval. «Il savait qu'il était apprécié à l'Université Laval et que ses peintures et ses dessins seraient conservés de façon pieuse», souligne Jean des Gagnés.

À l'époque, John R. Porter, le neveu d'Edgar Porter et actuel président du Conseil d'administration de l'Université, était âgé d'une dizaine d'années. Il se souvient très bien avoir découvert des tableaux de l'artiste dans l'une des salles du pavillon central fraîchement construit. «L'histoire de René Richard m'interpelle doublement, dit-il. Cet artiste était un merveilleux conteur, qui savait témoigner de ses péripéties. Mon oncle Edgar, qui fut mon deuxième père, avait beaucoup d'admiration pour lui. Il trouvait dans l'oeuvre de René Richard un écho de ses valeurs, dont le respect de la forêt et des grands espaces. Edgar Porter était un homme qui avait beaucoup d'ouverture et une grande vision!»

Article complet Une forêt inspirante dans Le Fil

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