Soutenance de thèse de Sylvie Côté

03 septembre 2021 8 h 30 à 12 h

Lieu : À distance

Lien Zoom  : https://ulaval.zoom.us/j/62585026721?pwd=TWRITFVDUHJvQVdsRDBsVWNsVEgwQT09

Titre : Caractérisation des impacts sur les écosystèmes, de l’utilisation des terres associées à la foresterie

Un modèle basé sur le concept de naturalité, qui évalue la similarité par rapport à la forêt naturelle, a été élaboré dans le but d’évaluer les impacts de la foresterie sur la qualité des écosystèmes à l’échelle du paysage. Ce modèle repose sur l’identification d’indicateurs de naturalité sensibles aux enjeux d’aménagement forestier reconnus et utilise des mesures disponibles à partir des cartes écoforestières, des études sur la modélisation des écosystèmes et des données historiques. Ce modèle combine des indicateurs de condition et de pression pour fournir une valeur unique, l’indice de naturalité, représentant l’effet conjugué de diverses pratiques sur les principales caractéristiques de l’écosystème forestier. D’abord développé pour la pessière, puis adapté pour la sapinière, ce modèle fonctionne de manière bidirectionnelle, permettant d’évaluer aussi bien la dégradation, que l’amélioration de la qualité des écosystèmes résultant d’objectifs de restauration et de mesures de mitigation. Par exemple, dans la sapinière, le modèle a été utilisé pour examiner l’effet combiné de coupes progressives irrégulières, de plantations d’espèces indigènes et d’une réduction de la révolution de 70 à 50 ans pour le scénario de coupe avec protection de la régénération et des sols. Ce modèle permet également d’éclairer la réflexion pour la détermination d’objectifs de protection aptes à limiter les pertes de biodiversité, tout en tenant compte de l’intensité de l’aménagement pour la production de bois. Une évaluation réalisée dans la pessière montre qu’il serait plus avantageux au plan environnemental d’intensifier la production de bois d’espèces indigènes sur une petite proportion du territoire forestier tout en assurant une protection stricte sur la portion non productive, plutôt qu’un aménagement extensif sur la vaste majorité du territoire forestier. Dans le cadre du développement de l’analyse de cycle de vie (ACV), les impacts de produits ou services sur la qualité des écosystèmes sont évalués par le biais des impacts de l’utilisation des terres sur la biodiversité. Pour l’intégration à l’ACV, une courbe provisoire reliant l’indice de naturalité à la perte potentielle de biodiversité exprimée sur la base de la richesse en espèces provenant de la base de données PREDICTS est proposée. L’application de cette courbe a permis l’obtention de scores d’impact cohérents avec la proportion d’espèces disparues (PDF) estimée à partir de la naturalité et conformes aux connaissances relatives aux impacts de l’aménagement forestier. Toutefois, les résultats comportent un fort niveau d’incertitude et s’avèrent sensibles au paramétrage de la courbe. L’analyse de sensibilité a montré qu’il existait des risques de distorsion, voire d’obtention de résultats contradictoires. L’évaluation des scores d’impact de l’ACV résultant de l’application de trois scénarios sylvicoles distincts évalués concomitamment à l’application d’un gradient de protection stricte, apporte un éclairage original sur le comportement du modèle utilisé pour l’évaluation de la qualité des écosystèmes en ACV grâce à une meilleure caractérisation de l’intensité d’aménagement associée à la production de bois à l’échelle du paysage. Le modèle ACV multiplie deux paramètres aux effets opposés : le PDF qui augmente avec l’intensité de l’aménagement, alors que la superficie requise pour produire 1m3 de bois diminue selon une fonction inverse (1/x). Étant donné la présence d’effets non-linéaires non contrôlés, le modèle ACV peut fournir des résultats erratiques ne reflétant pas toujours l’effet sur la qualité des écosystèmes. De plus amples recherches relatives aux propriétés mathématiques des relations en cause sont nécessaires afin de vérifier la possibilité de contrôler ces effets de manière à assurer l’obtention de résultats reflétant la qualité des écosystèmes et éviter de conduire à des recommandations qui occasionneraient davantage de dommages aux écosystèmes.

Informations supplémentaires :

Membres du jury

Président

M. André Desrochers
Université Laval, Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique

Examinateurs

M. Robert Beauregard
Université Laval, Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique

M. Louis Bélanger
Université Laval, Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique

M. Manuele Margni
École Polytechnique de Montréal

M. Mourad Ben Amor
Université de Sherbrooke

M. Jérôme Cimon-Morin
Université Laval, Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique

Mme Myriam Douin
Université Laval, Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique

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